
1876, date importante entre toutes : Fereol Dedieu transforme la peu confortable jarretière en jarretelle. En 1930, le couturier Paul Poiret en fait un dessous féminin à part entière, si l'on peut s'exprimer ainsi. Le porte-jarretelles (et ce qu'il maintient, le bas) , devient l'attribut par excellence de l'érotisme et, parfois, de la luxure. Béni soit-il ! 
Et grâces en soient rendues aux créateurs sus-cités ainsi qu'à Marlène Dietrich, qui en immortalisa la tenue dans l'Ange Bleu. Plus tard, quelques jarretelles et bas célèbres ont imprimé notre rétines de connaisseurs : ne citons qu'Anne Bancroft, belle-mère pécheresse qui porte, bien sûr, ce sous-vêtement diabolique dans le Lauréat. Certaines féministes l'ont rejeté il y a une quarantaine d'années, avant que certaines d'entre elles y reviennent, considérant que le désir qu'elle suscitent est un droit, s'il est voulu et dirigé par la femme elle-même. Nous souscrivons à cette idée.

Mais que devient la jarretelle aujourd'hui? Est-elle réservée aux libertines et aux clubs échangistes? Non. Un couple simplement amoureux de l'érotisme et amoureux tout court ne peut qu'apprécier cette lingerie qui rend la femme encore plus désirable et qui chavire encore plus l'homme. 

On peut la porter avec ou sans culotte. Cette dernière option rend les gestes plus faciles, et les songeries, si l'on se rend au restaurant ou à un spectacle, plus voluptueuses. Les poses de la femme peuvent prendre un tour excitant à l'extrême, rien qu'en dévoilant un bout de jarretelle. La simple allure d'un bas à peine découvert permet à tout connaisseur, en un seul coup d'œil, de faire la différence entre un "stop bas" et le bas fixé par une jarretelle. Les gestes de l'homme ? Caresser la soie ou le nylon et atteindre la peau nue, ouvrir les jambes sans relever la robe et glisser la main, embrasser le sexe sans dévêtir la belle, ou même lui faire l'amour. Le porte-jarretelles est un écrin. Editions Contrejour 1994














