
Une île grecque a donné son nom à l'amour entre femmes. On utilise aussi le terme saphisme, du à la poétesse Sappho, vivant à Lesbos et née vers 650 avant J-C. 
C'est en réalité au XIXème siècle que le nom de l'île et de ce genre amoureux se sont confondus, en partie grâce à Baudelaire, même si le mot a été formé aux alentours de 1600. Si le saphisme a été mal vu par les sociétés, c'est que les femmes qui s'adonnent aux plaisirs saphiques non seulement n'aiment pas les hommes mais en plus s'en passent très bien : donc, à l'instar des homosexuels hommes qui eux se passent des femmes, ne concourent pas à la reproduction de l'espèce. Voilà qui les condamne aux yeux des religions ou d'une morale sociale. 

On peut fonder le plaisir saphique sur le plaisir clitoridien (mais il n'y a pas que lui). Ce plaisir clitoridien est central. Alors que les religions et la mentalité masculine niaient ou interdisaient la jouissance féminine, les femmes la découvraient entre elles. Elles savaient le donner et l'éprouver. 

Alors que certains hommes croient "déchoir" en faisant un cunnilinctus, c'est pour les femmes entre elles le baiser d'amour par excellence. Ne croyez pas cependant que l'art de donner du plaisir par le clitoris est automatique chez les lesbiennes : chacune doit apprendre le corps de l'autre, découvrir les points sensibles et l'endroit divin, comme chez les hétéros. Le tribadisme, autre nom de l'homosexualité féminine très usité chez les Grecs anciens, signifie plus précisément que deux femmes se frottent l'une contre l'autre, jambes entrelacées, vulve contre vulve. Ce frottement de la zone clitoridienne des deux protagonistes les mènent au bonheur partagé.
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Une évolution chez certaines lesbiennes elles-mêmes les fait apprécier ce substitut de sexe masculin qu'est le godemiché. Mais cela demeure chez elles un débat. Quand elles l'utilisent, elles le font comme tout le monde. De manière vaginale ou anale. Certaines apprécient les godes- ceinture, qui donnent vraiment l'illusion à celles qui la portent d'être dotées d'un membre masculin. 


De nombreuses lesbiennes aiment aussi les pénétrations digitales ou manuelles, voire des fist-fuckings. Bref, un corps de femme homo et un corps de femme hétéro sont les mêmes! Evidemment, débarrassées de la "domination" du mâle, les femmes se retrouvent l'une devant l'autre à égalité. Selon de nombreux témoignages, elles donnent plus de place aux caresses, aux baisers et à la douceur des étreintes. A l'opposé de la douceur (quoique), le plaisir sadomasochiste a droit de cité chez certaines lesbiennes, mais là encore une querelle entre la théorie "queer" qui prône (entre autres) cette pratique "transgenres" se heurte aux féministes qui refusent d'emprunter les codes des hétéros. En réalité, les pratiques de l'amour lesbien sont multiformes, et l'on retrouve plusieurs de ces formes chez les hétérosexuels ou les bi.

D'où vient ce grand fantasme masculin qui consiste à voir deux femmes faire l'amour ? Notons que ce fantasme met en scène deux femmes sous le regard ou avec la participation de l'homme en question. Donc, si les femmes se lèchent ou s'embrassent, elles ne le font pas entre elles seules, mais avec l'accord ou selon les exigences de l'homme. Celui-ci tire son plaisir de voir une scène sexuelle entre deux personnes du sexe qu'il apprécie sexuellement et amoureusement, sans qu'aucun autre homme ne s'en mêle. Il a ainsi deux femmes à sa disposition visuelle et sans doute sexuelle. Et il n'a pas de concurrent. Au fond, ce fantasme machiste nie le lesbianisme, puisque celui-ci, nous l'avons dit, part du principe qu'on se passe de l'homme. Et là où ce fantasme le rejoint, et où il trouve son plaisir, c'est dans le principe : l'absence du pénis. On peut dire que le fantasme lesbien de l'homme provient d'une sorte de complexe : il n'y a pas dans la scène lesbienne de pénis en érection (celle d'un rival) ou le sien propre (peut-être défaillant?). 



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