

« Etre bisexuel, ça double les chances d’avoir un rendez-vous le samedi soir. » a dit Woody Allen.

Au delà de cet avantage incontestable, que signifie être bisexuel ? Quelle analyse peut-on porter sur cette « identité sexuelle » en binôme? Quelle est la vision que les hétéros ou les homos ont de cette manière d’être?
Photos DR
© nouvellestentations.com
LA BISEXUALITÉ À TRAVERS LES ÂGES

Très répandue dans l’Antiquité. On sait qu’Alexandre le Grand montra l’exemple, puisque le nom de son amant Hephaïstion est resté à travers les siècles. La bisexualité romaine répond à une loi étrange : officiellement, l’homme a le droit d’être bisexuel s’il est actif. L’homme pénétré doit être esclave.

Puis la bisexualité devient, sous l’influence des religions, aussi maltraitée que l’homosexualité, et confondue avec elle, puisqu’on pense qu’un bisexuel ne peut être qu’un homosexuel honteux. Depuis… Ca n’a guère changé, en réalité. La bisexualité affirmée est assez peu comprise. Kinsey et sa fameuse échelle sur l’orientation sexuelle peuvent néanmoins nous donner une idée de ce qu’elle est : il gradue l’orientation sexuelle des hommes et des femmes en partant de 0 : exclusivement hétérosexuel (le) jusqu’à 6 : exclusivement homosexuel (le). Le 3 : bisexuel sans préférence établit enfin le stade réel de la bisexualité pure. Il est intéressant de noter que Freud, sous l’influence de Fliess, fera de la bisexualité originaire de l’homme l’un des fondements de la sexualité : « Tous les individus humains, par suite de leur constitution bisexuelle et leur hérédité croisée, possèdent à la fois des traits masculins et des traits féminins », écrit-il en 1925. Mais Freud parle de « bisexualité psychique » et non de « bisexualité de comportement ».
Photos DR
© nouvellestentations.com PLAISIRS BISEXUELS

D’après plusieurs témoignages d’hommes et de femmes, même si ceux-ci sont «3 selon l’échelle de Kinsey», c’est-à-dire parfaitement bisexuels, il existe toujours - en tout cas purement sexuellement- une «légère préférence». Celle-ci ne remet pas en cause la bisexualité proprement dite, puisque l’attirance pour l’un ou l’autre sexe est identique et suffisamment forte pour qu’il y ait passage à l’acte. La «légère préférence» en matière sexuelle correspond souvent à un goût plus marqué pour telle ou telle pratique, tel ou tel type de jouissance, plus aisées à faire ou à obtenir avec une personne de tel sexe. Tel bisexuel mâle avouera préférer recevoir une fellation de la part d’un homme plutôt que d’une femme et être sodomisé par un vrai sexe, (même s’il préfère effectuer lui-même un cunnilinctus à une fellation). Telle bisexuelle femme préférera être caressée voire pénétrée par une femme (bien qu’elle aime prendre un sexe d’homme dans sa bouche). On le voit, les plaisirs bisexuels sont complexes… parce que plus variés !
Photos DR© nouvellestentations.comArte a diffusé une émission intelligente sur le sujet,
disponible en VOD