Laurent Benaïm
artiste
ethnologue
de la
sexualité
Ce qui caractérise les photos extrêmement crues de Laurent Benaïm est que cette crudité, cette ouverture à toutes les figures sexuelles possibles et imaginables, ne sont pas

une mise en scène voulue par lui, mais par ses modèles. Il accueille ceux qui veulent poser après avoir discuté de leurs fantasmes et de leurs pratiques, et il les saisit lors de séances libres. Les modèles ne posent pas, ils s'exposent.


On ne peut pas dissocier les thèmes de la technique de la gomme arabique, parce que celle-ci permet à ceux-là d'être à la fois plus violents,

plus crus, et en même temps plus beaux à regarder. Il faut insister sur le fait que Laurent Benaïm sait saisir l'instant, le regard, la pose, qui rendent toujours ces photos très érotiques.




Tous les thèmes se retrouvent dans ses clichés, et ce quel que soit le physique des participants (pas d'ostracisme chez lui, au contraire)...


Sadomasochisme, échangisme, bisexualités et homosexualités, fétichismes, ondinisme, triolisme, etc. Bref, tout ce qui est légalement humain de faire. Il nous a confié avoir commencé sa carrière en photographiant des femmes seules devant l'objectif, avant de passer aux couples, et de s'ouvrir ainsi de plus grandes possibilités. Après, les couples ou les groupes d'amateurs de "sexualités alternatives" se sont bousculés chez cet artiste, sachant que leurs pratiques seront magnifiées… La singularité de l'oeuvre tient sans doute à la bienveillance du regard que cet ethnologue de la sexualité porte sur ses modèles. Quand nous lui avons demandé s'il comptait photographier "autre chose", il a eu cette réponse très sincère : "Je suis trop paresseux pour me lancer dans la nature morte ou autre. J'ai besoin d'être aiguillonné, et l'érotisme est un aiguillon qui me pousse au travail." Le travail, il n'en manque pas, puisqu'il relance avec quelques complices (dont
Bill Tong) sa maison d'édition consacrée à l'érotisme
" Le Chat Soleil " . Vous pouvez trouver le collectif Chatsoleil via
Facebook ... C'est bien, Laurent. Continue.