
Il y a tant de manières d’aborder cette ville que nous vous conseillons d’y passer du temps, voire d’y revenir à intervalles réguliers, histoire de goûter aux ravissements propres à chaque saison. Mais si vous n’y faites qu’une escapade, admettons de trois jours, tentez de voir - de sentir, de goûter, de vivre ! – l’essentiel. Et à Amsterdam, l’essentiel est multiple. 

On vend aussi des herbes qui se fument. On y boit d’excellentes bières et de merveilleux genièvres.

Petite page obligée, mais de transition : tous les guides touristiques vous diront de voir les trois canaux principaux, Herengracht, Keizersgracht (ces deux-là à arpenter en priorité) et Prinzengracht. 




Evidemment, allez au quartier des musées, entrez (le matin, 9 heures, pour être tranquilles !) au Rijksmuseum, extasiez-vous devant la Ronde de Nuit de Rembrandt, la salle des Vermeer, les Franz Hals… Et le musée Van Gogh, ensuite. Vous n’êtes pas très loin du quartier du "Pijp" et de son immense marché, où l’on trouve de tout. 
Situé entre Warmoesstraat, Oudezijds Voorburgwal et Oudezijds Achterburgwal, le célèbrissime Quartier Rouge est intelligemment nettoyé de ses néons tapageurs qui défiguraient ces petites merveilles de canaux étroits où s’ébattent les canards. Il ne s’agit nullement de morale, puisque nous sommes à Amsterdam, mais d’esthétique.




Amsterdam
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elle fait la remarque judicieuse que les hommes n’ont rien à se mettre. Rendez-vous alors à deux pas de là, Warmoesstraat, rue à tendance homosexuelle, certes, mais où des magasins cuir, vinyle, latex pour homme accueillent avec plaisir les hétérosexuels, bi ou peu importe (ils ne posent pas la question). 
Un livre de Radiguet illustré par Rojan, des olisbos anciens, un service d’assiettes érotiques pour recevoir les beau-parents, mais aussi des statues animées qui feraient rougir cette brave madame Tussaud, et une présentation de « La Table et l’Amour » de Curnonsky. Vous remarquerez que la langue française est très vivante, voire prépondérante, en ce domaine. Salut au drapeau. 


Sortis de cette caverne d’un Ali-Baba obsédé sexuel, vous avez besoin d’un remontant, d’un calmant, ou tout simplement d’élargir votre ivresse des sens. Faites quelques centaines de mètres jusqu’à Rokin : une magnifique boutique où tous les types de cigares de la terre sont dignement représentés est installée là depuis 1925 : P G C Hajenius . Si vous êtes amateur, vous achetez, vous emportez ou vous pouvez déguster sur place, dans un salon à cet usage. Mais il se fait soif. Alors, une seule adresse...Damrak 18
1012 LH Amsterdam
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La rue qui longe, sur sa droite, le bel hôtel Krasnapolsky -sis sur la place du Dam, recèle une autre caverne, celle d’un Ali-baba porté sur la bouteille. Pas n’importe quelle bouteille ! Le Genièvre. C’est un alcool (38°, donc absolument raisonnable) à base d’eau-de-vie de grains (orge, blé, seigle) et aromatisé à l’aide de baies de genévrier.

le verre posé sur le comptoir. C’est selon nous un parfait rite de baptême pour être un amstellodamois d’adoption.
Vous pouvez aussi choisir des sex-toys, tous de qualité supérieure. On voit quelques femmes, dans une pièce ouverte, qui œuvrent à la fabrication de ces culottes, soutien-gorge et corsets que vous admirez sur les cintres. Nous avons particulièrement apprécié un porte-jarretelles extrêmement simple, et des soutien-gorge qui laissent les seins entièrement, à moitié, aux trois-quarts nus. Et un autre qui laisse le bout seul pointer vers les lèvres ou les doigts affolés du spectateur. 

Il est ouvert à toutes les tendances sexuelles. Le "Black Tulip" est un petit hôtel charmant qui se présente comme "gay leather & art hôtel". 
Deux chambres classiques et paisibles... 
L’amusant est que vous avez tout le confort des bons hôtels, et que si le cœur vous en dit (c’est-à-dire s’il ne vous en dit pas pour autre chose), vous pouvez regarder le festival de l’Eurovision en entamant votre bouteille de genièvre. Ne vous inquiétez pas si, même dans la journée, vous entendez quelques gémissements et petits cris qui proviennent de chambres à côté. Ce sont des gens qui ne font pas la sieste.
Les deux patrons, Onno Tang et Jürrich Segers, sont extrêmement prévenants et décontractés. Vous pouvez donc y aller sereinement, que ce soit pour vous déchaîner (après vous être enchaîné) ou simplement pour vous amuser du décor tout en appréciant la tranquillité de l’hôtel. Mais quand même, le sling, c’est quelque chose… Un autre hôtel du même style, l’Etxea, semble être d’un niveau comparable. Nouvelles Tentations vous en rendra compte prochainement, si cela vous intéresse.