Ou
le
Porn
Art
revendiqué

Depuis que le tandem de Nouvelles Tentations rencontre les photographes dont il apprécie le talent et dont il veut parler, il leur trouve des points communs. Ils sont ouverts, aimables, et assez modestes. Il est clair que le regard qu’ils portent sur les gens et leur sexualité est bienveillant. Ils ne jugent pas, condamnent encore moins. Au contraire, ils mettent en valeur des attitudes et des actions dont ils ne sont pas obligatoirement adeptes, mais qui intéressent leur œil, et sans doute leur esprit.



Ainsi est Jean Fabien. Curieux homme et homme curieux. Il nous explique, avec sa gentillesse prolixe, son intérêt vis-à-vis des corps offerts, exhibés, devinés, vibrants de plaisir - car il photographie le plaisir, fût-il atteint dans une douleur que certains prétendent opposée à celui-ci. Jean Fabien est autodidacte en photographie, et il a appris vite. Il ne met pas que l’Eros en images, mais aussi la ville, avec autant de talent et un sens du détail qui témoigne de l'acuité de son regard. Il ne fait pas poser, il « shoote » au moment où il sent qu’il doit le faire. Le moment est visiblement bien choisi. Ni retouche, ni recadrage : l'image doit exister d'emblée ou disparaître.

Les photos de Jean Fabien sont des témoignages. Le témoin est respectueux et sait se faire oublier, mais il raconte tout fidèlement. Regardez attentivement les fesses de cette femme qui s'offre à une bouche avide et vous savez qu'avant ce plaisir-là, elle a connu celui de la flagellation. Et cet homme à genoux, cheville entravée ? Son pied nous dit qu'il a subi d'autres exquises tortures, debout…



Le terme « shooter » va d’autant mieux à Jean Fabien que lorsqu’il mime le geste du photographe, il place ses mains comme s’il tenait en fusil et visait une cible. Cela nous rappelle que les ressemblances entre un fusil et un appareil photo sont qu’il faut viser, et appuyer. Qu’on se rassure, l’arme de Jean Fabien ne fait aucun mal, et la cible est consentante. Franc-tireur, cet artiste ne tue pas, mais fait vivre.
Photos © Jean-Fabien© nouvellestentations.com
Page 2 : Traversons le Styx...
Le Condamné Amor
Rope Me
Voodoo Doll
Dick Hard
Dans Le Sens Des Aiguilles
The Prisonner
Just Do It
Love Like Blood
Le Cochonnet
Wounded Dog
Songes


Les artistes ne titrent pas toujours leurs œuvres. Jean Fabien le fait et fort bien. Ce principe, non dénué d'humour, ne nuit pas à l'intensité dramatique des scènes mais la ramène à sa juste proportion : l'incroyable et heureuse complicité qui unit les êtres qu'il photographie.
Page suivante : pour finir en Beauté
Pour
finir
en
Beauté
Un univers plus glamour. Mais il n'y a aucune antinomie avec le précédent : c'est toujours l'Eros que Jean Fabien représente et donc, stricto sensu, la pornographie. Les instants apaisés -qu'ils soient ante ou post déchaînements-, sont pareillement constitutifs des histoires d'amour.


Quand y aura-t-il une exposition des œuvres de Jean Fabien, dont certains privilégiés (dont nous) ont pu admirer quelques exemples au Styx, à Paris ? Nous l’attendons avec impatience, car s'il n'explore pas l'art photographique depuis longtemps, Jean Fabien a déjà un style très personnel, signe indéniable du talent. En attendant, pour voir plus de photos et en plus grand format :
une galerie des photos de Jean Fabien
Photos © Jean Fabien
© nouvellestentations.com